Avant l'arrivée de la neige, annoncée pour vendredi, il faut se dépêcher de jouir des dernières belles journées de ce généreux automne. Du coup, j'ai eu envie de vous faire profiter de ces lumineux moments en vous adressant ce 360° fait samedi au sommet du Grand Arc. En fait, j'ai dû le couper en 3 pour que ce soit un peu mieux visible...  
1_bauges
2_tarentaise
3_maurienne
Le Grand Arc (2484 m) est la montagne qui domine le confluent Arc-Isère, juste au nord de celui-ci. C'est aussi la montagne au pied de laquelle j'habite (d'ailleurs, on voit ma maison sur l'image...). C'est une grande classique pour toutes les formes de randonnée, en particulier à skis à partir de Montsapey. En fait il existe plein d'autres façons de le parcourir à skis... mais chut !
Cet ensemble montre pratiquement la totalité des Alpes de Savoie, en partant du sud et en tournant par l'ouest (photo Bauges), le nord (photo Tarentaise) et en revenant par l'est et le sud (photo Maurienne). La photo 1 commence avec le Petit Arc au premier plan et la Chartreuse au loin, puis montre toutes les Bauges (on voit Albertville), et va jusqu'aux autres sommets du chaînon du Gd-Arc (La Thuile, la Dent du Corbeau). La photo 2 repart du même endroit, montre le Mont-Blanc, les cimes enneigées du Beaufortain, le Gd Combin dans le lointain, la Vanoise (moins enneigée), et s'achève sur la chaîne proche de la Lauzière (du Bellacha à Combe Bronsin). La photo 3 reprend la totalité de la Lauzière, passe sur l'entaille brumeuse de la basse Maurienne avec très loin au sud-est quelques sommets de l'Oisans (la Meije, la Muzelle), l'Etendard suivi de la masse confuse de Belledonne (pas gâtée par le contre-jour et la perspective), enfin au-dessus des brumes grenobloises quelques hautes crêtes du Vercors (y compris le Mont Aiguille).
Rebelote aujourd'hui, cette fois sur les "Balcons de l'Arly", sur la retombée méridionale des Aravis (exactement à Praz Vechin, sympathique destination pour lève-tard). Là, je ne pense pas nécessaire de faire les présentations... balconsarly
En avant du mont Blanc, on voit dans les alpages les stations du Val d'Arly (ND de Bellecombe, Crest Voland, Les Saisies).  Comme elles sont à moins de 1500 mètres, elles n'ont pas encore de neige, ce qui n'est pas anormal pour un 22 novembre. De toute façon, ça ne va pas tarder.
Quoique... Regardons ça d'un peu plus près...

crestvoland

Quelles sont ces marques blanches ? Le Petit Poucet reformaté en Hyper Poucet ? Bien sûr que non : les canons, vous dis-je, les canons à neige ! Ils ne peuvent donc pas attendre vendredi ? Non, ils ne peuvent pas... C'est comme ça, ça finira pas passer dans les proverbes : en avril, ne te découvre pas d'un fil ; en novembre, fais donner l'artillerie (je sais, ça ne rime pas, mais j'ai rien trouvé). Belle illustration d'un modèle d'économie touristique tellement artificialisé qu'on ne recule devant aucun gaspillage. Car le canon à neige peut magnifiquement symboliser le top du top en matière de gaspillage : tout y passe, l'argent, l'énergie (denrée inépuisable, comme chacun sait, et pas coûteuse !), l'eau (on en a trop, c'est évident), les paysages (c'est si mignon, les canons dans les alpages, même qu'on peut ensuite les décorer en sapins de noël, ou y faire de l'acro-branche...). Mais le pire, c'est aussi le gaspillage intellectuel que ça induit. Car à force de se persuader qu'il ne peut exister d'économie touristique autrement qu'au prix d'un viol frénétique de l'environnement, on finit par être incapable d'imaginer la moindre alternative. Pourtant, le changement climatique en cours a une très grande vertu: il nous met au défi de mobiliser la seule ressource totalement disponible, gratuite et inépuisable: l'intelligence humaine. On le fera ou on ne le fera pas, mais on peut le faire (et c'est pareil pour les problèmes des banlieues, par exemple). Et c'est pourquoi je vous propose de crier en choeur : Vive le changement climatique !